A Keflavik, la candidature du Canada pour la JEF avane, l’Ukraine s’invite dans Lion Protector

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Réunis vendredi 2 octobre sur la base aérienne de Keflavik, en Islande, les ministres de la Défense de la Force expéditionnaire conjointe (en anglais Joint Expeditionary Force, JEF) ont fait progresser le dossier d’adhésion du Canada et salué la première participation de l’Ukraine à l’exercice Lion Protector. Explications.

Le ministère britannique de la Défense a publié samedi 3 octobre le communiqué conjoint issu de cette réunion tenue le 2 octobre, à Keflavik, avec des Alliés. Ce rendez-vous, qui s’inscrit dans les orientations fixées par les dirigeants de la JEF lors du sommet d’Helsinki en mars, vise à renforcer le rôle de ce cadre de coopération militaire dans la sécurité européenne et euro-atlantique, précise le texte.

Des navires ukrainiens de lutte contre les mines dans Lion Protector

Premier volet du communiqué : l’Ukraine. Le partenariat renforcé JEF-Ukraine, créé en 2025, est mis en œuvre avec succès, selon le texte. Le ministre ukrainien de la Défense, Khamara, a rejoint ses homologues de la JEF en visioconférence pour marquer l’étape.

Pour la première fois, l’Ukraine a pris part à l’exercice phare Lion Protector. Elle y a engagé des navires de lutte contre les mines, qui ont travaillé aux côtés des forces de la JEF afin d’améliorer l’interopérabilité et de mettre à profit l’expérience de combat ukrainienne. Les ministres ont réaffirmé le partenariat et convenu d’accroître l’implication de Kiev dans les activités de la JEF.

« Les nations de la JEF restent indéfectibles dans leur soutien à l’Ukraine », écrivent-elles (traduit de l’anglais).

Ottawa, candidat au cadre de la JEF

Deuxième dossier : l’élargissement. Le ministre canadien de la Défense, McGuinty, a pris part à la réunion. Les ministres ont discuté d’un approfondissement de la coopération entre la JEF et le Canada, noté la candidature d’Ottawa au cadre de la JEF et fait avancer les travaux sur une recommandation commune à l’attention des dirigeants au sujet de l’adhésion canadienne.

Ils ont par ailleurs validé l’orientation politique générale de la JEF et un cadre commun pour dialoguer avec des partenaires. Le communiqué réaffirme que la mer Baltique, le Grand Nord et l’Atlantique Nord constituent les zones d’intérêt stratégique centrales et liées de la JEF, avec l’objectif de renforcer le flanc nord de l’OTAN.

Lion Protector, entre Islande et Norvège, calé sur le groupe aéronaval britannique

Sur la dissuasion, les ministres ont été informés de la série d’exercices Lion Protector. Celle-ci se déroule cet automne en Islande et en Norvège, en coordination avec le groupe aéronaval du Royaume-Uni. Ils ont aussi passé en revue le programme d’activités de la JEF sur cinq ans et salué les efforts pour aligner les options de réponse de la JEF sur les plans régionaux de l’OTAN.

Quant au positionnement de la JEF, le texte souligne son rôle « en dessous du seuil de l’article 5 » (traduit de l’anglais), à savoir des réponses rapides à des défis émergents, en complément de la dissuasion et de la défense de l’OTAN. Les ministres ont demandé de nouveaux travaux pour démontrer la contribution de la JEF à la sécurité euro-atlantique.

Sabotages russes : des réponses communes à bâtir par les mécanismes de la JEF

Le communiqué aborde les activités hybrides russes visant des pays de la JEF et d’autres Alliés, sabotages compris. Les ministres ont convenu d’élaborer des réponses communes par les mécanismes de la JEF.

Le ton est ferme, mais calibré. « Les nations de la JEF ne cherchent pas la confrontation et ne représentent aucune menace pour la Russie », affirme le texte (traduit de l’anglais). Et de poursuivre : « La Russie ne doit avoir aucun doute sur le fait que nous nous défendrons » (traduit de l’anglais). Ce positionnement n’entamera pas, ajoute le communiqué, le soutien à l’Ukraine.

Industrie de défense : deux réunions des directeurs d’armement depuis Ankara

Côté industriel, les ministres ont examiné l’état d’avancement après deux réunions des directeurs nationaux de l’armement de la JEF depuis le sommet d’Ankara. Ils attendent des propositions concrètes avant leur prochaine rencontre, centrées sur l’interopérabilité, l’innovation capacitaire et la résilience industrielle.

Les états-majors d’armée approfondissent pour leur part leur coopération militaire, notamment à travers le concept « Northern Navies », en cohérence avec le plan d’exercices quinquennal de la JEF.

Prochaine échéance : l’Islande accueillera le prochain sommet des dirigeants de la JEF, à Reykjavik, au printemps prochain.

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