EPR de Flamanville : l’injection de sécurité démarre quatre jours après la déconnexion du réseau

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Jeudi 1er octobre, EDF a signalé la perte des indications du boremètre de l’EPR de Flamanville pendant la mise à l’arrêt du réacteur, un incident qui a fait démarrer l’injection de sécurité et les diesels de secours. Explications.

Boremètre, injection de sécurité et diesels : la nuit du 30 septembre au 1er octobre

Jeudi 1er octobre, EDF a publié sur la page d’actualité de l’unité de production n°3 de la centrale de Flamanville (Manche) le compte rendu d’un événement survenu pendant l’arrêt du réacteur EPR. Selon l’électricien, les équipes ont constaté, dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre, « la perte des indications du boremètre, un appareil dont la fonction est de mesurer la concentration en bore dans le circuit primaire ».

Le réacteur était alors en phase de mise à l’arrêt et de refroidissement. EDF précise que les systèmes de protection se sont enclenchés d’eux-mêmes : « L’injection de sécurité et les diesels de secours, démarrés automatiquement, ont été arrêtés rapidement par les équipes. »

Sur le plan de la sûreté, EDF avance des éléments de réassurance. « Des analyses manuelles ont confirmé que la concentration en bore est conforme », écrit EDF, qui ajoute que les équipes ont appliqué les procédures prévues dans les règles générales d’exploitation. Elles mènent différents contrôles avant de reprendre les opérations de mise à l’arrêt du réacteur. La préfecture et l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) sont informées régulièrement.

L’ASNR évoque un « dysfonctionnement » de l’appareil de mesure

De son côté, l’ASNR a publié le même jour un avis consacré à l’incident. Le gendarme du nucléaire indique avoir été informé par EDF le 1er octobre d’un événement sur le réacteur EPR de Flamanville. Les équipes de conduite ont constaté, selon l’Autorité, le dysfonctionnement de l’appareil de mesure de la concentration en bore du circuit primaire, qui a provoqué le démarrage des systèmes de sauvegarde.

L’ASNR précise que la situation est désormais stabilisée et qu’EDF procède aux opérations nécessaires à la reprise des activités de mise à l’arrêt. Elle affirme : « L’événement n’a pas eu d’impact sur la population et l’environnement. » Le texte ne mentionne ni cause identifiée ni classement sur l’échelle INES.

Quant à la suite, l’Autorité est claire : « EDF devra analyser les causes et les enseignements tirés de cet incident. »

Visite complète n°1 : 20 000 activités et un couvercle de cuve à remplacer

L’événement intervient au tout début d’un arrêt long. Flamanville 3 a été déconnectée du réseau le 26 septembre pour sa première visite complète (VC1). Dans une page consacrée au lancement de la VC1, EDF annonce environ 20 000 activités, parmi lesquelles l’épreuve hydraulique du circuit primaire, le contrôle de la cuve, l’inspection de la turbine et le remplacement du couvercle de cuve.

Selon Economie Matin, qui publiait le 24 septembre, l’arrêt doit durer 350 jours et prive le réseau français de 1 650 mégawatts. Le site rapporte que Renaud Crassous, directeur adjoint performance de la division production nucléaire d’EDF, a précisé que l’opération coûtera plusieurs centaines de millions d’euros. Le remplacement du couvercle, que le média décrit comme l’aspect le plus controversé de l’arrêt, répond à des anomalies connues de longue date sur la pièce d’origine.

13,2 milliards d’euros, 19 milliards, 23,7 milliards : l’addition du premier EPR

Le chiffre du coût total de l’EPR varie selon les sources. Economie Matin avance 13,2 milliards d’euros pour le réacteur, « voire 19 milliards » selon la Cour des comptes. Dans une dépêche de l’AFP publiée en novembre 2025 par Connaissance des énergies, le budget initial de 3,3 milliards d’euros est mis en regard d’une estimation actuelle de 23,7 milliards d’euros en conditions économiques de 2023.

La même dépêche rappelle que le réacteur avait franchi pour la première fois le palier de 80 % de puissance le 12 novembre 2025, avec comme objectif d’atteindre la pleine puissance avant la fin de l’automne. L’arrêt de 2026 était déjà fixé à cette date, pour un chantier mobilisant environ 200 entreprises partenaires.

Le programme de la VC1 comprend aussi, selon EDF, le contrôle de l’étanchéité de l’enceinte du réacteur, le contrôle des équipements sous pression et des modifications des systèmes de contrôle-commande. EDF indique que la visite intègre les évolutions réglementaires et le retour d’expérience accumulé depuis la conception de l’installation.

Au 1er octobre, toutefois, le premier EPR français n’avait pas fini de s’arrêter.

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