Atos annonce lundi 5 octobre l’attribution par la police métropolitaine de Londres d’un contrat de six ans, plafonné à 350 millions de livres sterling. Un succès à l’export pour le groupe français de services numériques, au moment où son chiffre d’affaires recule. Explications.
Londres, lundi 5 octobre 2026. Atos « annonce aujourd’hui l’attribution par la police métropolitaine de Londres (Metropolitan Police Service, MPS) d’un contrat de six ans d’un montant maximal de 350 millions de livres sterling », indique le communiqué du groupe, publié le jour même. Atos fournira des services de gestion et de sécurité des applications.
Six ans et 350 millions de livres : ce que la Met confie à Atos
Le montant de 350 millions de livres est un plafond, et non un engagement ferme de dépenses. Le communiqué ne précise pas la part qui sera effectivement consommée sur les six années du contrat, ni le nombre de personnes mobilisées côté Atos.
Le périmètre est en revanche détaillé. Atos fournira des services numériques de bout en bout, assurera la maintenance des principales applications métiers du système d’information du MPS et appliquera les bonnes pratiques ITIL, un référentiel de gestion des services informatiques, afin de garantir un haut niveau de disponibilité, de résilience et de performance. La continuité de service sera un élément central du modèle de prestation, précise le communiqué, pour protéger la disponibilité des services essentiels fournis par le client.
Des mesures de sécurité doivent par ailleurs assurer la protection des données, des systèmes et des utilisateurs sur l’ensemble de l’environnement technologique de la police londonienne.
Gestion cloud et postes de travail : deux options laissées à la main du MPS
Le contrat est modulable. Le MPS pourra étendre le périmètre d’intervention d’Atos à des services de gestion cloud. Atos serait alors responsable de bout en bout de la performance des applications et de la qualité de service. Le contrat prévoit aussi d’inclure l’environnement de travail numérique, avec la gestion des postes de travail et un accès sécurisé aux outils et plateformes utilisés dans des modes de travail flexibles.
Ces extensions relèvent de la décision du client. Le communiqué ne chiffre pas leur valeur propre et ne dit pas si elles sont comprises dans le plafond de 350 millions de livres.
Le communiqué présente l’opération comme le renforcement d’une relation de longue date entre Atos et le MPS, et le rôle du groupe comme « partenaire technologique de confiance de l’une des organisations publiques les plus stratégiques du Royaume-Uni ».
Jamie Hewitt et Michael Herron : « un socle numérique stable » pour les policiers londoniens
Du côté de la police londonienne, Jamie Hewitt, directeur en charge du numérique du MPS, déclare que la collaboration avec Atos « se traduira par la fourniture d’un socle numérique stable à nos agents et à nos collaborateurs ». Il ajoute qu’elle accompagnera la modernisation et la simplification du parc applicatif, tout en améliorant l’efficacité des technologies qui sous-tendent les opérations de police sur le terrain.
Pour sa part, Michael Herron, directeur général d’Atos au Royaume-Uni, se félicite : « Nous sommes fiers d’élargir notre partenariat avec le Metropolitan Police Service et de soutenir l’infrastructure digitale critique des forces de police de Londres. » Il évoque aussi « la confiance que nous avons bâtie au fil de nombreuses années de collaboration ».
Selon la présentation qui clôt le communiqué, Atos Group réalise un chiffre d’affaires annuel d’environ 7,2 milliards d’euros, avec environ 54 000 collaborateurs dans 54 pays.
Atos à 21,34 euros : un contrat britannique face à un chiffre d’affaires en repli
Le contrat intervient alors que l’activité d’Atos continue de se contracter. Selon Option Finance, qui rend compte des résultats du premier semestre publiés le 30 juillet, le chiffre d’affaires du deuxième trimestre 2026 s’établit à 1,661 milliard d’euros, en baisse organique de 6,3 % sur un an. Le ratio de prises de commandes sur chiffre d’affaires (book-to-bill) atteint 91 % au deuxième trimestre, en hausse de 7 points sur un an : le groupe vend encore moins de contrats qu’il n’en facture.
La marge opérationnelle du semestre ressort à 190 millions d’euros, en hausse de 43 % sur un an, soit 2,1 points de marge gagnés, d’après le même article. Le plan de réduction des coûts Genesis est réalisé à 112 % de son objectif.
Pour l’année 2026, Atos a confirmé viser une baisse organique de son chiffre d’affaires d’environ 5 % et une marge opérationnelle d’environ 7 % du chiffre d’affaires, toujours selon Option Finance.
La Bourse n’a pas salué la nouvelle. Selon une dépêche de Zonebourse, l’action Atos cotait 21,34 euros sur Euronext Paris au moment de la publication, en repli de 3,18 % sur la séance et de 57,46 % depuis le début de l’année.
Reste la fourchette du contrat. Plafond de 350 millions de livres, extensions cloud et postes de travail à la discrétion du MPS : seule la consommation réelle sur six ans dira ce que pèse ce succès londonien dans le chiffre d’affaires d’un groupe qui en réalise plus de 7 milliards d’euros par an.


