Arverne : le fondateur consolide son contrôle via une holding géothermale

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Pierre Brossollet, fondateur et PDG d’Arverne, spécialiste des solutions géothermales, engage un montage capitalistique avec le fonds Infragreen V de RGREEN Invest pour renforcer sa position d’actionnaire de référence au sein de l’entreprise. L’opération, structurée autour d’une holding commune baptisée Geogreen, reste soumise à plusieurs conditions suspensives.

Une restructuration capitalistique centrée sur la géothermie

Pierre Brossollet, fondateur et président-directeur général d’Arverne, initie en France une opération de consolidation de son poids au capital de la société qu’il a créée, en s’associant au fonds Infragreen V, géré par RGREEN Invest, société de gestion française positionnée sur les infrastructures stratégiques. L’objectif affiché est de faire de Brossollet l’actionnaire principal incontesté d’Arverne, dans un secteur — la géothermie — qui s’impose progressivement comme un pilier de la transition énergétique européenne. Le mécanisme retenu repose sur la création d’une structure intermédiaire, la holding Geogreen, au sein de laquelle Infragreen V entrera au capital. Le fondateur y transférera l’intégralité des actions Arverne qu’il détient actuellement, tout en conservant la majorité du capital de cette nouvelle entité. Cette architecture permet à Brossollet de maintenir un contrôle opérationnel et stratégique fort, sans diluer sa vision de long terme pour l’entreprise.

Le montage s’appuie également sur le rachat de blocs d’actions minoritaires détenus par des actionnaires historiques d’Arverne. Ces derniers procèdent à une sortie qualifiée d’alignée avec leur philosophie d’entrée initiale au capital : outre la réalisation d’une plus-value significative, leur cession permet concrètement au fondateur de reluter sa participation, tout en ménageant un potentiel de création de valeur futur au regard des perspectives de développement de la société. Ce type de sortie ordonnée, négociée hors marché, constitue une pratique courante dans les cycles de maturité des entreprises de croissance adossées à des fonds d’infrastructure.

RGREEN Invest et Infragreen V : un ancrage français dans les infrastructures énergétiques

Le choix de RGREEN Invest comme partenaire n’est pas anodin. Cette société de gestion française, spécialisée dans le financement des infrastructures stratégiques, gère notamment la gamme de fonds Infragreen, dédiée aux actifs énergétiques et environnementaux de long terme. En mobilisant Infragreen V pour entrer dans Geogreen, RGREEN Invest positionne la géothermie comme une classe d’actifs à part entière dans sa stratégie d’allocation, aux côtés des énergies renouvelables plus classiques telles que le solaire ou l’éolien. Cette reconnaissance institutionnelle d’Arverne par un acteur de la gestion d’actifs tricolore illustre la montée en légitimité du secteur géothermal dans les arbitrages financiers français. La géothermie, longtemps reléguée au second plan derrière les énergies intermittentes, bénéficie désormais d’une attention croissante des investisseurs en infrastructure, séduits par son profil de production continue et ses perspectives de déploiement dans les réseaux de chaleur urbains.

Pour RGREEN Invest, l’investissement via Infragreen V dans Geogreen représente une validation de la thèse selon laquelle les infrastructures géothermales constituent des actifs de long terme à la fois résilients et stratégiques pour la décarbonation des territoires. La dimension souveraine de cette opération mérite d’être soulignée : dans un contexte où la France cherche à réduire sa dépendance aux importations d’énergies fossiles et à accélérer le déploiement de solutions de chaleur renouvelable, le renforcement d’un champion national de la géothermie par des capitaux français s’inscrit pleinement dans les priorités de politique industrielle affichées par les pouvoirs publics.

Une opération conditionnée à des étapes clés avant finalisation

La réalisation effective de ce montage demeure soumise à la levée de plusieurs conditions suspensives. La principale d’entre elles porte sur l’acquisition hors marché, par Geogreen, des blocs d’actions Arverne détenus par les actionnaires historiques désireux de céder leurs participations. Cette étape préalable est déterminante : sans la constitution de ces blocs au sein de la holding, la structure envisagée ne peut prendre sa forme définitive et l’entrée d’Infragreen V au capital de Geogreen ne saurait intervenir dans les conditions prévues. Le calendrier de finalisation de l’opération reste à ce stade conditionné par l’avancement de ces négociations bilatérales, menées dans un cadre privé et hors des mécanismes habituels de marché.

Ce type de structuration — holding commune associant fondateur et fonds d’infrastructure, adossée à des rachats de blocs minoritaires — reflète une tendance observable dans plusieurs secteurs de la transition énergétique française, où les fondateurs d’entreprises à forte intensité capitalistique cherchent à préserver leur ancrage stratégique tout en ouvrant leur capital à des partenaires financiers de long terme. Pour Arverne, dont les perspectives de développement dans la géothermie s’annoncent significatives dans le contexte de la planification énergétique nationale, cette recomposition actionnariat constitue un signal fort adressé au marché quant à la trajectoire et aux ambitions de croissance de l’entreprise. Pierre Brossollet consolide ainsi sa position à la tête d’un acteur dont le rôle dans la structuration de la filière géothermale française pourrait s’avérer déterminant dans les années à venir.

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