TotalEnergies : la CGT appelle à la grève le 8 octobre, en pleine tension sur l’approvisionnement en carburants

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La CGT TotalEnergies a lancé un appel à la mobilisation sur tous les sites du groupe le 8 octobre 2026. Salaires, effectifs et conditions de travail sont au cœur du mot d’ordre. Le calendrier est sensible : la France traverse une période de tension sur les carburants, sur fond de guerre au Moyen-Orient, et TotalEnergies fait figure d’acteur central de la sécurité d’approvisionnement du pays.

Un appel qui vise l’ensemble du groupe

L’annonce date de la mi-septembre. Selon les éléments publiés par la CGT sur son site de groupe et relayés par la presse, la mobilisation concerne l’ensemble des sites de TotalEnergies, y compris la filiale Hutchinson (caoutchouc et joints industriels) et Argedis, qui exploite environ 180 stations-service, principalement sur autoroute.

Le syndicat met en avant trois axes. Le premier est le pouvoir d’achat : « Les salaires, eux, restent bloqués », écrit la CGT, qui oppose cette situation à une hausse du dividende 2026 qu’elle chiffre à 5,9 %. Le deuxième est l’emploi, avec des sous-effectifs dénoncés en particulier dans les raffineries. Le troisième est la dégradation des conditions de travail, notamment lors des épisodes de canicule. Le syndicat affirme que « les salariés paient la facture de la crise entamée du fait de la guerre » et évoque des prix des carburants « records ».

À ce stade, aucune réaction détaillée de la direction du groupe n’a pu être consultée dans les sources disponibles. Le niveau réel de participation reste donc inconnu, de même que les modalités locales de la grève.

Un risque logistique à mesurer

Si le mouvement est suivi, ses effets dépendront de la mobilisation site par site. Les articles consacrés à l’appel évoquent de possibles blocages d’expéditions depuis les dépôts et des fermetures de stations, selon le degré de participation locale. Un média spécialisé indique que TotalEnergies exploite trois des six raffineries françaises, à Normandie, Donges et Feyzin, soit environ la moitié de la capacité de raffinage nationale. Ce chiffre est rapporté par une source secondaire et doit être lu avec prudence, mais il rappelle l’importance du groupe dans la chaîne d’approvisionnement.

L’historique pèse aussi. En octobre 2022, des grèves dans les raffineries avaient provoqué des pénuries dans de nombreuses stations et poussé le gouvernement à des mesures d’urgence. Rien n’indique pour l’instant que le scénario de 2026 soit comparable, mais l’épisode illustre la vulnérabilité d’un système où quelques sites concentrent une large part du raffinage.

Le plafonnement des prix a déjà tendu le réseau

Le contexte est déjà fragile. TotalEnergies a rétabli le 22 juillet 2026 un plafonnement de ses prix à la pompe, toujours actif mi-septembre : 1,99 euro le litre pour les essences SP95-E10 et SP98, et 2,25 euros pour le gazole. À la même date, les moyennes nationales étaient d’environ 2,15 euros pour le SP95-E10 et 2,35 euros pour le gazole, soit un écart de plusieurs euros par plein. La mesure est liée à la situation géopolitique au Moyen-Orient et dépend, selon son PDG Patrick Pouyanné, de son évolution et d’éventuelles nouvelles mesures de taxation du secteur.

L’effet est visible : des files d’attente dans certaines stations et des ruptures ponctuelles ont été signalées. Pouyanné a lui-même reconnu que cette politique attirait davantage d’automobilistes, avec une part de marché qui pourrait passer d’environ 22 % à 25 %. Un afflux de clientèle, des stations parfois à sec et un appel à la grève : la juxtaposition de ces trois éléments place le réseau sous une pression inhabituelle.

Un enjeu de souveraineté énergétique

Pour la France, l’épisode touche à un point structurel. Le pays importe l’essentiel de son pétrole brut, et son autonomie en carburants repose sur un nombre limité de raffineries et de dépôts. Dans une conjoncture marquée par les perturbations liées au Moyen-Orient, la continuité des opérations dans les sites de TotalEnergies devient un paramètre de sécurité économique, au même titre que les stocks stratégiques ou la diversification des approvisionnements.

Le conflit social pose aussi une question de partage de la valeur. Alors que le groupe verse des dividendes en hausse et relève ses rachats d’actions, une partie des salariés réclame une meilleure répartition des résultats. Le dossier est d’autant plus politique que le débat sur la taxation des superprofits des énergéticiens revient régulièrement, un risque que Pouyanné cite lui-même parmi les conditions du maintien du plafonnement.

Ce qu’il faut surveiller

Le 8 octobre sera un premier test. Il faudra observer le nombre de sites réellement touchés, la réponse de la direction et d’éventuelles négociations salariales, ainsi que la réaction des pouvoirs publics si des tensions logistiques apparaissent. Le groupe publiera ses résultats du troisième trimestre à l’automne, une échéance qui nourrira le débat sur la répartition des bénéfices.

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