COP17 d’Erevan : Paris déçu sur les subventions, satisfait sur l’élargissement des contributeurs

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Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a dressé lundi 2 novembre le bilan de la COP17 biodiversité, achevée en Arménie. La France juge les résultats insuffisants, mais retient une avancée sur le financement : la base des pays contributeurs pourrait s’élargir. Explications.

Lundi 2 novembre, le porte-parole du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a publié une déclaration sur la dix-septième Conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique (COP17), réunie à Erevan, en Arménie. Le ton est celui d’une déception polie. « Les résultats de cette COP ont été en deçà de nos attentes et n’ont pas été à la hauteur de l’urgence créée par l’effondrement de la biodiversité », affirme la diplomatie française (traduit de l’anglais), dans la version diffusée par l’ambassade de France aux États-Unis.

Paris commence pourtant par les compliments. La France « salue l’excellent travail de la présidence arménienne, qui a permis à la COP 17 de se dérouler dans une atmosphère constructive, malgré un contexte géopolitique difficile » (traduit de l’anglais), précise le communiqué.

Subventions dommageables : le cadre de Kunming-Montréal piétine

Le principal grief porte sur l’application du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal (GBF). Selon le ministère, les divergences entre les parties ont freiné les progrès nécessaires à sa pleine mise en œuvre, en particulier sur la réduction des subventions dommageables à la biodiversité.

Le constat rejoint celui de la secrétaire exécutive de la Convention sur la diversité biologique, Astrid Schomaker, citée par Actu-Environnement : « Nous savons ce qui doit changer. On ne peut protéger la nature tout en continuant de financer sa destruction. » Le média spécialisé résume la conférence comme marquée par « des progrès dans la prise en compte des efforts à accomplir pour atteindre les objectifs fixés pour 2030 », tandis que « les questions des subventions dommageables à la nature et du financement sont omniprésentes ».

Pays contributeurs : une première pour une convention de Rio

Le communiqué identifie toutefois un acquis, d’ordre financier. Pour la première fois dans le cadre d’une convention de Rio, la nécessité d’élargir la base des pays contributeurs a été reconnue, souligne le ministère. Un processus a été lancé pour faire avancer ce dossier d’ici la COP18.

L’enjeu dépasse la seule écologie : il touche à la répartition de la facture entre États. Le communiqué ne cite toutefois aucun pays appelé à rejoindre le cercle des payeurs.

Par ailleurs, les rôles du Fonds pour l’environnement mondial et du Fonds pour le cadre mondial de la biodiversité (GBFF) ont été élargis, indique le texte. Le communiqué ne mentionne aucun montant. Sur ce point, Actu-Environnement relevait dès le 27 octobre, en pleine négociation, que les promesses de dons « se comptent en millions » quand les besoins se chiffrent « plutôt en milliards ».

La « Voie d’Erevan » et la défense de l’IPBES

Côté textes, les parties ont adopté la déclaration de la « Voie d’Erevan », destinée à accélérer la mise en œuvre du cadre de Kunming-Montréal, rapporte Armenews samedi 31 octobre. Le média arménien en détaille les priorités : la mise en œuvre de programmes nationaux, la mobilisation de ressources financières, le renforcement de la science et du suivi, ainsi qu’une participation élargie de l’ensemble de la société. Il la présente comme « l’une des réalisations majeures de la COP17 ».

Pour sa part, Paris met en avant son combat pour la science. La France dit avoir obtenu la reconnaissance de la contribution essentielle de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), « face à des tentatives de remettre en cause ses travaux » (traduit de l’anglais). Le communiqué ne nomme pas les auteurs de ces tentatives. « Notre effort collectif doit rester fondé sur la science » (traduit de l’anglais), insiste le ministère.

Quant aux peuples autochtones et aux communautés locales, la France se félicite des décisions renforçant leur participation, dont les droits, les savoirs et le rôle dans la protection de la biodiversité doivent être pleinement reconnus, selon le texte.

Multilatéralisme : la même journée, un appel à l’OCDE

Le message de fond tient dans la dernière phrase du communiqué : cette COP rappelle la nécessité de poursuivre les efforts pour renforcer la vitalité de ces formats, qui doivent répondre aux besoins urgents de l’époque. Une manière de défendre des enceintes multilatérales fragilisées. Un précédent article de Refrance montrait d’ailleurs que, sur le terrain de la biodiversité, les entreprises françaises se situent sous la moyenne européenne.

La même logique traverse une autre déclaration publiée le même jour. Lundi 2 novembre, Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, s’est entretenu avec Mathias Cormann, secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Il a appelé à poursuivre les efforts en vue d’un renouvellement par consensus du programme de travail et du budget de l’organisation, et réaffirmé l’attachement de la France au maintien de l’ensemble de ses initiatives, y compris la décarbonation des économies et l’égalité entre les femmes et les hommes.

Prochaine étape pour la biodiversité : la COP18, où le dossier des nouveaux contributeurs devra aboutir. Ou pas.

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