Christophe Fanichet, ancien président-directeur général de SNCF Voyageurs, prendra la direction générale d’Eurostar le 1er décembre 2026, annonce l’opérateur lundi 2 novembre. Il succède à Gwendoline Cazenave, qui quitte ses mandats après quatre ans. Passage de relais.
Lundi 2 novembre, Eurostar a annoncé la nomination de Christophe Fanichet, ancien président-directeur général de SNCF Voyageurs, au poste de directeur général (CEO) de l’entreprise, avec effet au 1er décembre 2026. Il remplace Gwendoline Cazenave, à la tête de l’opérateur depuis quatre ans, qui « a quitté ses mandats au sein de l’entreprise », précise le communiqué publié par le service de presse d’Eurostar.
D’ici là, l’intérim est confié à Matthieu Quyollet, directeur financier, de la stratégie et de la transformation et directeur général adjoint d’Eurostar. Le communiqué ne dit rien des raisons du départ de Gwendoline Cazenave.
Un conseil d’administration qui veut « ouvrir le prochain chapitre »
Le conseil d’administration salue, selon le communiqué, le bilan de Gwendoline Cazenave : l’intégration d’Eurostar et de Thalys sous une marque unique, le retour à une croissance soutenue, le cap des 20 millions de passagers annuels franchi et la préparation d’investissements stratégiques dans la flotte et l’expérience client.
L’objectif est désormais d’« ouvrir le prochain chapitre » de l’entreprise dans un paysage plus concurrentiel, ce qui passe par la mise en oeuvre des plans déjà lancés, dont la nouvelle flotte et de nouvelles lignes.
De son côté, la dirigeante sortante revendique un chiffre d’affaires en hausse de plus de 30 % depuis 2022 et une marge d’EBITDA de 18 %. Elle rappelle que l’entreprise a engagé un investissement qualifié d’historique de 2 milliards d’euros dans « Eurostar Celestia », sa nouvelle flotte de trains à grande vitesse à deux niveaux.
Fanichet, près de vingt ans à la SNCF et administrateur d’Eurostar depuis 2022
Christophe Fanichet arrive avec un profil très SNCF. Le communiqué rappelle qu’il a occupé des responsabilités de direction pendant près de vingt ans au sein du groupe ferroviaire, qu’il a présidé et dirigé SNCF Voyageurs de janvier 2020 à juillet 2026 et qu’il siège au conseil d’administration d’Eurostar Group depuis 2022. Eurostar met en avant son expérience de la grande vitesse, de l’international et de l’ouverture des marchés ferroviaires à la concurrence en France et en Europe.
Le nouveau directeur général dit, dans une citation traduite de l’anglais, qu’il lui faudra « mettre en oeuvre les investissements et les transformations nécessaires pour assurer la croissance d’Eurostar dans un environnement concurrentiel ». Il évoque aussi les 2 500 salariés de l’entreprise, avec lesquels il se dit « ravi » de travailler (traduit de l’anglais).
Pour sa part, Gwendoline Cazenave affirme, dans une citation traduite de l’anglais, qu’elle voit « l’ampleur de la transformation » accomplie en quittant la direction d’Eurostar. Elle ne précise pas ses projets.
Cinquante rames Celestia attendues à partir de mai 2031
Le communiqué fournit les chiffres clés de l’opérateur. Avec 51 trains à grande vitesse, Eurostar exploite le plus grand réseau international de grande vitesse d’Europe de l’Ouest et dessert plus de vingt destinations en Allemagne, en Belgique, en France, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Il a transporté 20 millions de passagers en 2025.
Pour soutenir sa croissance, Eurostar a passé commande auprès d’Alstom de jusqu’à 50 trains à deux niveaux Celestia, dont la mise en service commence à partir de mai 2031. Ce calendrier laisse au futur directeur général plusieurs années à gérer avec la flotte actuelle, dans un paysage où la concurrence ferroviaire est un sujet politique en France, comme le montre le plaidoyer du Sénat pour une ouverture à la concurrence urgente.
SNCF Voyages Développement tient 55,75 % du capital
Le capital d’Eurostar reste dominé par la SNCF. SNCF Voyages Développement, filiale de SNCF Voyageurs, détient 55,75 % de l’opérateur. Le fonds canadien CDPQ en possède 19,31 %, la SNCB (chemins de fer belges) 18,50 % et le Federated Hermes Infrastructure Fund 6,44 %.
L’arrivée d’un dirigeant issu du groupe SNCF, déjà administrateur d’Eurostar, à la tête d’un opérateur contrôlé à plus de 55 % par la SNCF figure dans le communiqué sans commentaire sur la gouvernance. Le texte ne précise ni la rémunération, ni la durée du mandat de Christophe Fanichet. Sa prise de fonctions est fixée au mardi 1er décembre 2026.
