Logic Instrument, spécialiste essonnien des systèmes informatiques durcis, annonce lundi 5 octobre un chiffre d’affaires de 59 M€ sur les neuf premiers mois de 2026, en hausse de 127 %. Explications.
Le groupe, basé à Igny (Essonne), a publié lundi 5 octobre 2026 un communiqué sur son activité cumulée à fin septembre. Son président-directeur général, Loïc Poirier, y présente une société qui se décrit comme un « acteur européen reconnu dans la conception et la distribution de systèmes informatiques robustes destinés à la défense et aux environnements exigeants ». La croissance, précise le communiqué, est « notamment portée par le secteur de la Défense ».
Le chiffre de 59 M€ correspond, par un simple calcul, à environ 26 M€ sur la même période de 2025. Le groupe confirme son objectif de dépasser 75 M€ de chiffre d’affaires sur l’ensemble de l’année 2026 et d’améliorer sensiblement sa rentabilité au second semestre.
Une accélération déjà visible au premier semestre
Cette annonce prolonge la trajectoire dévoilée le 7 août. Dans un communiqué publié ce jour-là, Logic Instrument faisait état d’une croissance de 105 % au premier semestre 2026 et d’un résultat net positif de 0,5 M€. Le groupe maintenait alors ses prévisions : plus de 75 M€ de chiffre d’affaires en 2026 et un résultat opérationnel supérieur à 2,3 % du chiffre d’affaires.
Ainsi, la progression de la période juillet-septembre a pesé suffisamment pour faire passer la hausse cumulée de 105 % à 127 %. Le communiqué du 5 octobre ne détaille toutefois ni le chiffre d’affaires du seul troisième trimestre, ni la part exacte de la défense dans l’ensemble.
Plus de 2 M€ de livraisons pour l’OTAN via la NSPA
Parmi les « événements récents » cités par la société figurent les premières livraisons significatives, supérieures à 2 M€, effectuées pour l’OTAN via sa centrale d’achat, la NSPA. Le communiqué ne précise ni la nature du matériel livré ni le calendrier des livraisons suivantes.
Le groupe mentionne aussi le financement de la conception de NIDIS, un socle étanche multi capteurs (LoRa) dédié à la sécurisation des lieux sensibles. Le texte ne donne pas le montant de ce financement ni l’identité de son financeur.
À Igny, une unité Tempest désormais opérationnelle
Autre jalon : l’unité Tempest, située en Essonne, est déclarée opérationnelle. Il s’agit du projet annoncé par la société dans un communiqué du 9 juillet 2025. Logic Instrument y indiquait que sa filiale Elexo allait créer à Igny la première usine française de produits certifiés Tempest, c’est-à-dire protégés contre les fuites d’informations par rayonnement électromagnétique, une exigence des matériels de défense, de renseignement et d’infrastructures critiques.
Le groupe avait signé un contrat avec Eurotempest, présenté comme le leader européen du secteur, pour fabriquer ces équipements sous licence en France. L’ouverture était alors prévue début 2026, avec un laboratoire d’essais CEM et Tempest visant la certification SDIP-27. Un prêt stratégique de 1 M€ de la DGA et de Bpifrance Définvest, dont 50 % via le CIC, finançait les équipements de test radiofréquence.
À l’époque, Logic Instrument estimait le marché français à plus de 50 M€ par an et affichait l’ambition de devenir le premier fournisseur français de solutions Tempest.
Deux contrats d’envergure, aux États-Unis et en Allemagne, à l’étude
Pour la suite, le communiqué indique que « deux contrats d’envergure majeure sont à l’étude » : l’un aux États-Unis, l’autre en Allemagne. Aucun montant, client ni échéance n’est communiqué.
Le groupe prépare par ailleurs sa feuille de route 2027, avec l’objectif d’une croissance à deux chiffres et d’une nette amélioration de la rentabilité. Il prévoit de renforcer son équipe Défense « pour consolider le plan stratégique ».
Un site dédié aux drones intermédiaires de défense en réflexion
Enfin, Logic Instrument indique avoir engagé une réflexion sur la création d’un site dédié à l’assemblage et à la maintenance de drones intermédiaires de défense. Le communiqué ne précise ni la localisation envisagée, ni l’investissement, ni le calendrier.
Reste un chiffre à atteindre. Avec 59 M€ engrangés à fin septembre, le groupe doit réaliser plus de 16 M€ de chiffre d’affaires au quatrième trimestre pour tenir son objectif de plus de 75 M€ sur l’année.
