La direction générale de l’armement (DGA) et le Service industriel de l’aéronautique (SIAé) ont livré à l’armée de terre les premières turbomachines de char Leclerc après une maintenance approfondie, apprend-on dans un communiqué publié lundi 5 octobre 2026. Une activité que la DGA a choisi d’internaliser. Explications.
Lundi 5 octobre 2026, la DGA annonce que les deux premières turbomachines du char Leclerc sont revenues à l’armée de terre après une maintenance industrielle de niveau NTI3 (niveau technique d’intervention « 3 »), réalisée par l’atelier industriel de l’aéronautique (AIA) de Bordeaux, en Gironde. L’opération marque la fin des travaux de réindustrialisation de cette maintenance et le début de la phase de production.
Deux turbomachines livrées en avance à l’armée de terre
Le communiqué insiste sur le calendrier. « Livrées en avance sur le calendrier prévisionnel, les turbomachines ont retrouvé toutes leurs performances d’origine, essais à l’appui », précise la DGA. Le texte ne donne en revanche ni la date exacte de livraison ni le nombre de chars concernés à ce stade.
Ces premières livraisons, poursuit le communiqué, « marquent le début de la phase de production à un rythme de 25 turbomachines par an ». Le même document fixe l’objectif annuel : la rénovation de 25 turbomachines de chars Leclerc par an dès 2027.
Le rôle de la pièce est décrit par la DGA : la turbomachine accroît les performances du moteur diesel « hyperbar » du char Leclerc en envoyant de l’air comprimé dans les cylindres. Autrement dit, un organe qui conditionne la puissance disponible d’un blindé dont l’armée de terre poursuit la rénovation.
Juillet 2023 : l’AIA de Bordeaux plutôt que l’industriel
Le choix de l’internalisation remonte à juillet 2023. Dans le cadre du programme de rénovation du char, la DGA a alors lancé une étude de réindustrialisation de la maintenance de niveau NTI3. Cette étude a été confiée à KNDS, maître d’œuvre industriel du char et en charge de son soutien, ainsi qu’à Safran Helicopter Engines, concepteur de la turbomachine.
Au terme de cette phase, la DGA a pris sa décision. Elle a commandé l’activité au SIAé, qui l’a confiée à l’AIA de Bordeaux. La direction générale justifie ce choix par deux arguments : mieux maîtriser les coûts de maintenance de ces turbomachines et respecter un calendrier de réindustrialisation qu’elle qualifie d’ambitieux.
Le communiqué avance aussi un résultat chiffré par la négative. Il n’en livre pas le montant, mais indique que « le recours à l’AIA pour cette activité a par ailleurs permis de réduire les coûts par rapport aux devis industriels ». La DGA ne précise pas les écarts, ni le niveau des devis remis par les industriels.
KNDS et Safran Helicopter Engines dans la boucle
La répartition des rôles est nette. D’un côté, KNDS reste le maître d’œuvre industriel du Leclerc et assure son soutien. De l’autre, Safran Helicopter Engines, qui a conçu la turbomachine, a participé à l’étude de réindustrialisation. La révision profonde, elle, est désormais menée au sein du ministère des Armées et des Anciens combattants, à Bordeaux.
Pour la DGA, l’enjeu est d’abord celui de la maîtrise : maîtrise des coûts, maîtrise des délais, maîtrise d’une compétence sur un équipement critique. Le communiqué ne fait pas état de contrat avec un tiers pour cette maintenance de niveau NTI3, ni d’éventuelle montée en cadence au-delà des 25 unités annuelles visées en 2027.
Ce que le communiqué ne dit pas
Le texte reste volontairement technique. Il ne chiffre ni le coût unitaire d’une révision, ni les économies réalisées, ni le nombre de chars dont les turbomachines doivent passer par l’AIA de Bordeaux. Il ne précise pas davantage le calendrier de livraison des turbomachines suivantes avant 2027.
Reste une échéance claire : à partir de 2027, l’atelier de Bordeaux doit tenir le rythme annoncé de 25 turbomachines de chars Leclerc par an.
