Budget 2027 : les aéroports français contre le triplement de la TEITLD

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Mercredi 30 septembre, l’Union des aéroports français (UAF) a dénoncé dans un communiqué le projet du gouvernement de relever la taxe sur les infrastructures de transport de longue distance, de 4,6 % à 12,2 % au maximum. Explications.

Mercredi 30 septembre, Thomas Juin, président de l’Union des aéroports français (UAF), a réagi par communiqué au projet de loi de finances 2027, qui prévoit de tripler la TEITLD, la taxe sur l’exploitation des infrastructures de transport de longue distance. Intitulé « Triplement de la TEITLD : le Gouvernement impose un nouveau choc fiscal au transport aérien », le texte est signé de l’organisation qui représente les exploitants aéroportuaires.

« Après le choc fiscal de 2025 et les contrecoups de la crise géopolitique dans le Golfe, tripler la TEITLD revient à infliger un nouveau coup au transport aérien français », déclare Thomas Juin dans le communiqué.

De 4,6 % à 12,2 % : le barème visé aux grands exploitants

Créée en 2024, la TEITLD frappe les opérateurs dont les revenus d’infrastructures dépassent 120 millions d’euros par an et dont la rentabilité moyenne excède 10 % sur sept exercices, rapporte TourMaG. Son taux actuel, uniforme, est de 4,6 %. Le projet de budget le remplacerait par un barème progressif, qui pourrait atteindre 12,2 % pour les exploitants les plus rentables.

Selon Air Journal, le gouvernement en attend environ 800 millions d’euros de recettes supplémentaires par an, ce qui porterait le rendement total de la taxe d’environ 600 millions à 1,4 milliard d’euros. Le média précise que le gouvernement veut « mieux proportionner la contribution fiscale aux capacités réelles des exploitants, en tenant compte des niveaux de rentabilité ». Les recettes alimenteraient un fonds « Ambition transports », destiné à la modernisation des réseaux via l’Agence de financement des infrastructures de transport de France.

Une source gouvernementale citée par Air Journal vise « principalement les gros exploitants » : Groupe ADP, Nice, Marseille-Provence, Lyon et Toulouse. La taxe concerne aussi les sociétés d’autoroutes.

Un trafic français encore à 2,6 % sous son niveau de 2019

Pour l’UAF, l’argument tient d’abord aux volumes. Le communiqué rappelle que le trafic français de 2025 reste inférieur de 1,8 % à celui de 2019, quand le trafic de l’Union européenne le dépasse de 6,6 %. Au premier semestre 2026, les aéroports français ont accueilli 98,3 millions de passagers, soit 0,8 % de moins qu’un an plus tôt et 2,6 % de moins qu’en 2019.

Le communiqué chiffre en outre à 1,2 milliard d’euros les recettes fiscales touristiques perdues en 2024. Le chiffre est avancé par l’UAF, sans que le texte n’en détaille le calcul.

Les propos de David Amiel en décembre 2025 retournés contre le projet de TEITLD

L’UAF ne se contente pas de dénoncer la méthode, qu’elle juge brutale : le communiqué affirme que la décision a été révélée par la presse et prise sans concertation. Il oppose aussi au gouvernement les mots de David Amiel en décembre 2025 : « L’assiette est […] plus large que les seules sociétés autoroutières : elle inclut notamment les aéroports. Si nous augmentons le taux, nous risquons de fragiliser la situation déjà délicate de certains aéroports régionaux. »

Ces propos, tenus lors des débats parlementaires de l’époque, contredisent selon l’UAF le projet actuel, relève TourMaG.

Le communiqué formule trois demandes : le retrait du triplement de la TEITLD, une concertation immédiate fondée sur le rapport Juvin pour alléger la fiscalité aérienne, et le respect des engagements de l’État sur les équilibres économiques des concessions.

T2S de 20 à 22 euros et contribution sur le kérosène : le reste de la facture aérienne

La TEITLD n’est pas la seule ligne du budget qui vise le secteur. Selon MoneyVox, trois mesures sont sur la table : la hausse de la TEITLD, que les compagnies aériennes estiment à environ 300 millions d’euros de coût supplémentaire en 2027, une nouvelle contribution prélevée sur les fournisseurs de kérosène pour financer les carburants durables, et le relèvement du tarif de sûreté et de sécurité (T2S) de 20 à 22 euros par passager, avec une extension aux aéroports de moins de 700 000 voyageurs par an. Les professionnels redoutent que la contribution sur le kérosène soit répercutée sur les compagnies.

Vendredi 2 octobre, l’UAF est revenue à la charge sur ce dernier point, d’après Air Journal. Elle redoute un relèvement du plafond de la T2S de 20 à 22 euros par passager et alerte sur la capacité d’investissement des exploitants, notamment pour la décarbonation et la modernisation des terminaux.

« Le Gouvernement persiste dans une politique fiscale aveugle, puis tente d’en corriger les effets par des exemptions au cas par cas », affirme Thomas Juin. Il réclame « le retrait de cette nouvelle hausse du T2S et une remise à plat immédiate de la fiscalité du transport aérien ».

Le débat se poursuit au Parlement, où seront arrêtées les mesures définitives.

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