Eurazeo a annoncé le closing final de son cinquième programme secondaire de private equity, l’ESF V, à 2,3 milliards d’euros, dépassant l’objectif initial de 2 milliards d’euros. Ce résultat marque plus qu’un doublement par rapport au précédent millésime, bouclé à 1 milliard d’euros en 2021.
Un closing final qui dépasse les objectifs du fonds secondaire
Eurazeo, société d’investissement cotée, a finalisé la levée de fonds de son cinquième programme dédié au marché secondaire du private equity, l’Eurazeo Secondary Fund V (ESF V) et ses véhicules associés, pour un montant total de 2,3 milliards d’euros. L’objectif initial de collecte avait été fixé à 2 milliards d’euros, seuil désormais dépassé. Le groupe souligne que ce résultat représente une progression significative par rapport à son programme précédent, qui avait atteint 1 milliard d’euros lors de son closing en 2021, soit une croissance de 130 % en l’espace de quatre ans. Cette trajectoire illustre la montée en puissance d’Eurazeo sur un segment encore largement dominé par des acteurs anglo-saxons, et traduit une reconnaissance croissante de son positionnement auprès d’une clientèle institutionnelle internationale.
La base d’investisseurs ayant participé à cette levée se révèle à la fois diversifiée et représentative des catégories les plus exigeantes du capital institutionnel mondial : fonds souverains, fonds de pension, institutions financières, family offices et investisseurs privés constituent l’essentiel du tour de table. Cette diversité géographique et typologique renforce la crédibilité d’Eurazeo sur le marché secondaire mondial, où la sélectivité des souscripteurs constitue un signal de qualité déterminant pour les gestionnaires d’actifs alternatifs.
Un déploiement déjà avancé dans un marché secondaire en expansion
Au-delà de la performance en matière de collecte, Eurazeo signale que l’ESF V est d’ores et déjà largement engagé dans sa phase d’investissement. Près de 50 % du fonds ont été déployés à travers 22 transactions secondaires réalisées depuis le lancement du programme. Ce rythme de déploiement soutenu s’explique en partie par les conditions de marché actuelles : selon Amine Rais, partner au sein de l’équipe Secondaries & Mandates du groupe, le contexte de volatilité des marchés génère un niveau record d’opportunités sur le segment secondaire, où les vendeurs cherchent à arbitrer leurs portefeuilles de participations non cotées dans des délais contraints.
Le marché secondaire du private equity repose sur le rachat de participations existantes dans des fonds ou des entreprises non cotées, souvent cédées par des investisseurs souhaitant anticiper leur sortie avant l’échéance naturelle du fonds. Ce mécanisme offre aux acheteurs la possibilité d’acquérir des actifs à des conditions potentiellement décotées, tout en offrant de la liquidité aux cédants. Dans un environnement où les introductions en bourse et les cessions industrielles restent limitées, la demande pour ce type d’opérations tend à s’accroître, ce qui explique en partie l’engouement des investisseurs institutionnels pour les véhicules spécialisés comme l’ESF V.
Eurazeo, acteur de référence du marché secondaire depuis plus de vingt ans
La présence d’Eurazeo sur le marché secondaire ne date pas de ce millésime. Le groupe y est actif depuis 2003, ce qui lui confère une antériorité et une expérience opérationnelle rares parmi les acteurs européens du secteur. L’équipe dédiée aux activités Secondaries & Mandates compte aujourd’hui plus de 30 professionnels, une dimension qui lui permet d’adresser simultanément un grand nombre d’opportunités tout en maintenant une discipline d’analyse rigoureuse.
Les actifs sous gestion de cette activité dépassent 6,4 milliards d’euros, ce qui représente 17 % des actifs sous gestion totaux du groupe Eurazeo. Ce poids relatif confirme que le secondaire n’est plus une activité marginale ou complémentaire au sein du portefeuille stratégique du gestionnaire, mais bien un pilier autonome de son développement. Pour Eurazeo, cette ligne métier constitue également un vecteur de différenciation vis-à-vis des grands fonds d’investissement alternatifs internationaux, en offrant une expertise européenne sur des actifs souvent sous-analysés par les majors américaines du secteur.
Un positionnement stratégique dans un secteur en consolidation
Le succès de cette levée intervient dans un contexte général de consolidation du secteur de la gestion d’actifs alternatifs en Europe. Les investisseurs institutionnels, confrontés à des contraintes de rendement et de liquidité accrues, réévaluent leurs allocations vers des stratégies capables de générer de la performance décorrélée des marchés cotés. Le marché secondaire du private equity répond précisément à cette demande, en combinant une visibilité relative sur les actifs sous-jacents — souvent des entreprises en portefeuille depuis plusieurs années — et un potentiel de décote à l’entrée.
Pour les décideurs économiques français et européens, le closing de l’ESF V envoie un signal positif quant à la capacité des gestionnaires d’actifs du Vieux Continent à mobiliser des capitaux à l’échelle mondiale sur des stratégies sophistiquées. Eurazeo s’affirme ainsi comme l’un des rares acteurs européens disposant d’une plateforme secondaire de taille significative, capable de concurrencer les poids lourds américains sur leur propre terrain. La dynamique de croissance observée entre les millésimes successifs du programme — de 1 milliard à 2,3 milliards en quatre ans — laisse anticiper une nouvelle progression lors du prochain cycle de levée, à condition que les conditions de marché maintiennent le flux d’opportunités à des niveaux élevés.
