JPMorgan révise ses prévisions sur l’or pour 2025

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JPMorgan a revu à la baisse ses objectifs de cours sur l’or pour la fin de l’année 2025, évoquant une demande sectorielle moins dynamique qu’anticipé et un risque de remontée des taux directeurs américains. La banque maintient néanmoins une vision structurellement haussière à horizon 2027, portée par les achats des banques centrales et la demande physique mondiale.

Un scénario haussier sur l’or fortement revu en quelques semaines

JPMorgan, l’une des premières banques d’investissement mondiales, a abaissé en juillet 2025 ses prévisions de prix sur l’or, rompant avec le scénario très optimiste qu’elle défendait encore quelques semaines plus tôt. Là où l’établissement américain tablait, le 9 juin dernier, sur un cours atteignant 6 000 dollars l’once d’ici la fin de l’année, il anticipe désormais un pic à 4 300 dollars l’once au troisième trimestre, puis à 4 500 dollars l’once au quatrième trimestre. Cette révision substantielle, intervenue en moins d’un mois, illustre la volatilité des anticipations sur le marché des métaux précieux dans un contexte macroéconomique américain particulièrement incertain.

La banque justifie cette correction par une demande moins soutenue qu’escompté dans les principaux secteurs consommateurs d’or, qu’il s’agisse de la bijouterie, de l’industrie ou des produits d’investissement de détail. Les flux vers les fonds adossés à l’or physique, notamment les ETF, n’auraient pas atteint l’intensité requise pour propulser les cours vers les niveaux initialement projetés. Cette dynamique contraste avec l’engouement observé en début d’année, lorsque l’or avait bénéficié d’un afflux massif de capitaux en quête de valeurs refuges face aux incertitudes géopolitiques et commerciales.

Au moment où JPMorgan publiait sa révision, le cours au comptant de l’or progressait de 1,3 % à 4 174,21 dollars l’once sur les marchés internationaux, après avoir inscrit un plus haut depuis le 23 juin. Sur la semaine, le métal jaune affichait une hausse de plus de 2 %, signalant que la pression haussière de court terme demeure réelle, même si elle s’avère plus modérée que ne l’espéraient les opérateurs les plus optimistes.

La politique monétaire américaine, variable déterminante pour l’or

L’établissement américain pointe explicitement le risque lié à la trajectoire des taux d’intérêt de la Réserve fédérale comme facteur central pesant sur ses nouvelles prévisions. Si les données économiques américaines se révèlent particulièrement favorables d’ici la fin de l’été — notamment sur le front de l’emploi ou de l’inflation — la Fed pourrait être amenée à relever ses taux directeurs de façon anticipée, ce qui pénaliserait mécaniquement l’or. Ce métal ne distribuant aucun rendement, son attrait relatif se réduit dès lors que les actifs obligataires ou monétaires offrent des rémunérations plus compétitives. Pour les décideurs européens et français, cette équation est familière : la politique monétaire transatlantique continue de dicter en grande partie les conditions de valorisation des actifs refuges à l’échelle mondiale, réduisant la marge de manœuvre des investisseurs continentaux sur ce segment.

JPMorgan précise par ailleurs que les risques entourant ses nouvelles prévisions sont orientés à la baisse, ce qui signifie que les 4 500 dollars l’once en fin d’année constituent davantage un plafond qu’un plancher dans le scénario central de la banque. Cette prudence retrouvée tranche avec l’euphorie qui avait caractérisé les publications de plusieurs grands établissements financiers en début d’année, lorsque le métal jaune enchaînait les records historiques.

Une vision structurellement haussière sur l’or maintenue à horizon 2027

Pour autant, JPMorgan ne remet pas en cause sa thèse de fond sur l’or à moyen terme. La banque estime que le métal précieux conserve un potentiel de progression significatif en 2027, porté par deux moteurs structurels : d’une part, les achats continus des banques centrales, notamment dans les économies émergentes cherchant à diversifier leurs réserves de change hors dollar ; d’autre part, le renforcement de la demande physique mondiale dans un contexte de facteurs d’accumulation persistants, qu’il s’agisse des tensions géopolitiques, de la fragmentation des échanges commerciaux ou de la défiance envers les monnaies fiduciaires dans certaines régions du monde.

Cette perspective de long terme sur l’or rejoint les préoccupations exprimées par plusieurs institutions européennes et par la Banque de France, qui a réaffirmé à plusieurs reprises le rôle stratégique de ses réserves aurifères dans la construction de la crédibilité monétaire de la zone euro. Dans ce contexte, la révision à court terme opérée par JPMorgan ne remet pas en cause la pertinence de l’or comme composante de souveraineté économique pour les États qui en disposent.

Perspectives contrastées sur l’argent, le platine et le palladium

Au-delà de l’or, JPMorgan a également actualisé ses anticipations sur les autres métaux précieux, avec des trajectoires sensiblement différenciées. Sur l’argent, la banque table sur un prix moyen compris entre 60 et 65 dollars l’once sur son horizon de prévision, à mesure que le marché se normalise après les tensions sur l’offre physique enregistrées l’an dernier et que le ratio or/argent converge vers ses niveaux historiques. Ce rééquilibrage devrait s’opérer progressivement, sans choc brutal.

Concernant le platine, l’établissement anticipe un cours moyen d’environ 1 800 dollars l’once d’ici la fin 2026, puis une progression vers 1 950 dollars l’once à l’horizon 2027. Cette dynamique serait soutenue par des fondamentaux d’offre spécifiques à l’Afrique du Sud, premier producteur mondial, où les contraintes structurelles — énergétiques et sociales — continuent de peser sur les capacités d’extraction. Le palladium, en revanche, s’inscrit dans un scénario plus défavorable : JPMorgan prévoit un prix de 1 350 dollars l’once d’ici fin 2026, puis une stabilisation autour de 1 300 dollars en 2027, reflétant la faiblesse généralisée qui affecte l’ensemble du compartiment des métaux précieux industriels dans un contexte de transition accélérée vers l’électromobilité.

Pour les investisseurs institutionnels et les trésoriers d’entreprises européens, ces projections soulignent la nécessité d’une approche différenciée par métal, chacun répondant à des logiques sectorielles et géopolitiques distinctes que les seules corrélations historiques ne suffisent plus à capturer.

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