Le ministère des Armées a présenté les contours de l’exercice ORION 26, un dispositif d’ampleur destiné à tester la résilience nationale face à des scénarios de crise majeure. Au cœur de cette édition : une mobilisation interministérielle inédite et une approche globale de la défense.
Une montée en puissance de la préparation nationale
Lancé dans la continuité des précédentes éditions, ORION 26 s’inscrit dans une logique de préparation à des engagements de haute intensité, dans un contexte stratégique marqué par le retour des conflits majeurs en Europe. Dès septembre 2025, plusieurs groupes de travail interministériels ont été constitués afin d’anticiper les impacts d’un conflit sur le territoire national.
L’objectif est clair : identifier les mesures à mettre en œuvre pour faire face aux effets indirects d’un engagement militaire extérieur, notamment en matière de soutien logistique, d’économie de guerre, de mobilisation des réserves et de gestion des répercussions internes.
Cette approche traduit une évolution doctrinale : la défense ne se limite plus au seul champ militaire, mais mobilise l’ensemble des capacités de l’État et de la société.
Un scénario de crise globale impliquant toute la Nation
ORION 26 ne se limite pas à un exercice militaire classique. Il repose sur un scénario global simulant une montée en tension en Europe, impliquant notamment l’OTAN et nécessitant une mobilisation élargie des institutions françaises.
Le volet interministériel de l’exercice vise à tester la capacité de l’État à gérer les conséquences d’un conflit sur le territoire national, qu’il s’agisse de flux logistiques, de sécurité intérieure ou de continuité des services publics. Deux axes structurants se dégagent :
- maîtriser les effets sur le territoire national d’une opération conduite à l’étranger
- anticiper les besoins pour soutenir les forces engagées et accueillir d’éventuelles forces alliées en transit
Cette double exigence illustre la complexité des crises contemporaines, où les frontières entre front extérieur et intérieur deviennent de plus en plus poreuses.
Une mobilisation interministérielle inédite
L’exercice ORION 26 se distingue par l’ampleur de la coordination engagée. Pas moins de 12 ministères sont impliqués, couvrant des champs aussi variés que l’intérieur, la santé, l’économie, l’agriculture ou encore l’éducation. Cette mobilisation reflète la volonté d’inscrire la défense dans une logique de résilience globale.
Au-delà de la sphère étatique, les collectivités territoriales et les acteurs civils sont également associés. L’objectif est de renforcer la capacité de réaction collective face à des menaces hybrides, qu’elles soient militaires, économiques ou informationnelles.
Cette approche s’inscrit dans le prolongement de la Revue nationale stratégique, qui place la résilience au cœur de la défense française.
Un wargame pour tester les dispositifs
Les 30 et 31 mars 2026, deux journées de restitution sous forme de wargame permettent de concrétiser les travaux menés en amont. Ce format immersif vise à confronter les hypothèses aux réalités opérationnelles et à identifier les points de friction.
Un briefing presse est prévu au Musée national de la Marine à Paris, en présence de représentants de l’état-major des armées et du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale.
Au-delà de l’exercice lui-même, ORION 26 constitue un outil stratégique pour ajuster les politiques publiques et renforcer la coordination entre les différents acteurs de la défense.
Vers une défense élargie et intégrée
Avec ORION 26, la France confirme son orientation vers une défense globale, où la sécurité nationale repose autant sur la préparation militaire que sur la capacité de l’État et de la société à absorber les chocs.
Dans un environnement international instable, cet exercice marque une étape supplémentaire dans l’adaptation du modèle français aux enjeux contemporains. Il souligne également une réalité désormais incontournable : la défense de la Nation est l’affaire de tous.


